Ah, Noël. Le moment préféré pour les amateurs de cinéma TV kitsch, les fans de chandails laids et ceux qui aiment donner des cadeaux à leur entourage. Tant de joyussets qui sont parfois accompagnés de détails légèrement moins festifs : les attaques de foie post-Nouvel An, des cadeaux indésirables un peu encombrants, et surtout… Organisation.
Avouons-le, même lorsque vous êtes plongé dans la magie de Noël, la logistique des trajets et des réunions ne se simplifie jamais vraiment, surtout quand plusieurs familles sont à gérer en simultané !
Dès que l’on vit en couple, arrive immanquablement la fameuse interrogation de fin d’année :
« Alors, qu’est-ce qu’on fait pour Noël ? »
Grand rassemblement avec tout le clan ou petits dîners éclatés ici et là ? Est-ce qu’on concentre tout sur le réveillon ou bien on prolonge la fête toute la semaine ? Nous avons cherché à savoir comment, concrètement, vous manœuvriez avec vos partenaires. Et vos témoignages réchauffent vraiment le cœur.
Noël à deux, mais la famille reste prioritaire
Ce qui frappe dans tous vos retours : la famille garde la première place. Retrouver les siens après douze mois qui séparent ou dispersent, c’est inestimable. Nathalie, 28 ans, ne tergiverse pas : « Même si on n’est pas croyants, vivre la nuit de Noël loin de ma famille me paraît impensable. Nous sommes très soudés, prendre soin les uns des autres coule de source. »
Pour rattraper le temps et partager ces heures, certains n’hésitent pas à multiplier les kilomètres et les tablées. Sophie en est l’exemple même : pour elle et son compagnon, les festivités ne se résument pas à un banquet, mais à six repas d’affilée, en ce qu’elle appelle un “marathon de bonne bouffe et d’affection”, ce qui laisse d’ailleurs leurs amis un peu médusés.
« Nos parents sont divorcés de chaque côté, ça fait déjà quatre familles à saluer. Et comme nos deux pères dinent désormais avec leur nouveau partenaire, on doit aussi revenir pour eux après coup. Au fil des ans, on s’est forgé une organisation au cordeau pour voir chacun. »
Le soir du 24, chacun part de son côté : il rejoint sa mère, moi je monte chez mon père (mais pas avec lui, pour garder la paix). Le 25 midi, rendez-vous chez ma mère. Et le soir venu, direction les grands-parents paternels de mon compagnon… sans son père cette fois. Il faut suivre !
Le 25, tout le monde est à bout : la nuit passée laisse des traces, le déjeuner se prolonge bien après le café, puis c’est reparti pour le dîner. La grand-mère de mon copain se donne tellement en cuisine qu’il est juste impossible de refuser quoi que ce soit. On finit lessivés, repus, sur la route.
Après une courte pause, retrouvailles avec nos deux pères pour terminer le cycle. Résultat : six repas, plusieurs kilos engloutis, autant de tenues et de sacs à cadeaux, mais l’essentiel reste là. La famille, toujours. Ni lui ni moi ne voudrions vivre Noël sans eux, quelles que soient les complications.
Noël en alternance, nécessité fait loi
Évidemment, cette valse ne marche que si les familles habitent à proximité. Lorsque les kilomètres s’accumulent, il faut parfois renoncer à tout voir et opter, à contrecœur, pour des choix tranchés.
Cécile en sait quelque chose. Chez elle, Noël est un vrai casse-tête. Chacun, elle comme son compagnon, accorde un poids énorme à la famille. Mais tout le monde est installé à des centaines de kilomètres. Pendant plusieurs années, la solution la plus simple restait de fêter séparément chacun de leur côté. Sauf que, après sept ans ensemble et un mariage en préparation, ils ont voulu avancer autrement.
« Nos deux familles perpétuent des rituels presque opposés. J’aime beaucoup ma belle-famille, mais l’impression de ne jamais vivre “vraiment” Noël me restait. L’année des fiançailles, je me suis dit que c’était dommage de ne pas passer le 25 ensemble, surtout si plus tard on a des enfants. On fait quoi, Noël une fois sur deux ?
Finalement, j’ai dit ok pour Noël chez ses parents, en me fixant que l’an prochain ce serait mon tour. J’ai eu un sacré coup de blues après avoir raccroché avec mes frères, ça m’a travaillée. »
L’année suivante, son compagnon a fait le chemin inverse. Cette fois, elle a ressenti tout l’intérêt de s’ajuster : fêter enfin Noël ensemble avec ses proches à elle a fait oublier la frustration de l’an passé. Prévoir en alternance, parfois, c’est ce qui met tout le monde d’accord.
Noël confiné : le couple avant la course
L’année 2020 a tout bousculé. Noël en version réduite, moins d’embrassades, plus de distance dans les salons. Chacun a dû improviser sur le fil, souvent différemment des plans prévus.
Thomas, 36 ans, a choisi d’en tirer un bénéfice inattendu. Avec son compagnon, jusqu’ici, les réveillons ressemblaient à un enchaînement de fatigues et de déplacements. Cette année, ils coupent tout et s’accordent, pour une fois, Noël rien qu’à deux, douceur et tranquillité au menu.
« Noël a toujours été une obligation pour moi, je ne pouvais pas y couper : LE moment du clan, impensable de s’y soustraire. J’y prends du plaisir, mais parfois c’est plus dur qu’une vraie course d’endurance.
Ma famille vit à Clermont-Ferrand, mon beau-père en Haute-Loire, et moi je suis sur Paris. En cinq jours de vacances, on essaie de tout caser, mais c’est invivable.
En général, c’est succession de trajets, repas sur repas, recours aux huiles essentielles pour garder un foie à peu près sain, et au bout : frustré parce qu’on laisse toujours un parent de côté.
La pression est là, mentalement et physiquement. Être là pour tout le monde, alors que la fatigue s’installe, c’est le scénario parfait pour les tensions familiales.
Ce Noël chamboulé par le Covid, finalement, je l’accueille presque avec soulagement. Passer le matin du 25 à traîner dans les draps, alors que d’autres sont déjà à la distribution des paquets, ça change. Peut-être que ça semble égoïste, mais ça fait du bien. Ce Noël alternatif me va très bien. »
S’écouter aussi, même à Noël
Thomas n’est pas le seul à avoir décidé d’écouter ses propres besoins. Célie, 24 ans, affirme la chose simplement : « J’écoute vraiment ce que je veux. » S’accorder la priorité en pleine période familiale, cela semble parfois hors de portée, mais pour elle, c’est presque naturel.
« Qui n’a jamais mis de côté ses propres envies pour ménager les autres ? On passe après tout le monde, toujours. En y repensant, cette année, j’ai posé les choses avec mon compagnon : “Noël, pour moi, c’est en Lorraine avec ma famille le 24 et le 25. Tu es le bienvenu, évidemment.” J’avais besoin de ces moments avec les miens. Peut-être que ça changera, si on a des enfants un jour, mais pour l’instant, rien n’est fixé.
Lui a préféré retrouver sa famille le 24 puis a pris le train très tôt le lendemain pour nous rejoindre à table. J’étais heureuse de l’avoir, mais s’il avait choisi autrement, j’aurais respecté aussi. Pour nous deux, c’est la formule qui marche.
Parfois, s’accorder la priorité oblige à assumer, à voir quelques proches déçus. Ce n’est pas facile, mais personne ne devrait culpabiliser pour autant.
Au fond, Noël n’a de sens que si on choisit la formule qui nous ressemble. Vos retours le montrent : ce qui compte, c’est de traverser ces jours avec ceux qui comptent vraiment. Et vous, comment vous organisez-vous ? Vos choix ont sûrement de quoi inspirer bien d’autres fêtes à venir.

